lunes, 17 de noviembre de 2008

Sur les roses de la vie

Quand vous serez bien vieille, au soir, à la chandelle,
Assise auprès du feu, dévidant et filant,
Direz, chantant mes vers, en vous émerveillant :
"Ronsard me célébrait du temps que j'étais belle!"

Lors, vous n'aurez servante oyant telle nouvelle,
Déjà sous le labeur à demi sommeillant,
Qui au bruit de Ronsard ne s'aille réveillant,
Bénissant votre nom de louange immortelle.

Je serais sous la terre, et, fantôme sans os,
Par les ombres myrteux je prendrai mon repos ;
Vous serez au foyer une vieille accroupie,

Regrettant mon amour et votre fier dédain.
Vivez, si m'en croyez, n'attendez à demain :
Cueillez dès aujourd'hui les roses de la vie.

(P. de Ronsard)

martes, 11 de noviembre de 2008

Recuerdo



Después me levanté y caminé. Sentía la arena en las plantas de los pies descalzos y las hojas de los árboles me tocaban la cara. Había salido del hospital hecho un trapo, pero había salido vivo, y se me importaba un carajo el mentón temblando y la flojera de mis piernas. Me pellizqué, me reí. No tenía dudas ni miedo. El planeta entero era mi tierra prometida... sí, era eso lo que me había quedado después de los adioses: mucho jugo y ganas de navegar, y angurria de mundo.

(E. Galeano)